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Macroéconomie et point sur les marchés au terme du 1er semestre 2022



Evènements marquants 1er semestre 2022





Baromètre des indices boursiers


Comme rappelé ci-dessus, le début de l’année 2022 et les premières craintes relatives à la forte hausse de l’inflation en Europe et aux Etats-Unis ont marqué le retournement de tendance des marchés financiers. Alors que les principaux indices boursiers mondiaux avaient enregistré des performances significatives en 2021 (+28,85% pour le CAC 40 ; +20,99% pour l’Euro Stoxx 50 ; +26,89% pour le S&P 500), ces derniers sont entrés dans une phase baissière qui s’est poursuivie tout au long du premier semestre 2022. En témoignent les performances ci-dessous pour la période du 1er janvier au 30 juin 2022 :


Performances 1er semestre 2022


Inflation


L’inflation accélère sa hausse au cours du 1er semestre 2022 :

En France, selon les données du mois de juin elle se situe à 5,8%, confirmant la première estimation donnée par l’Insee.

Cette hausse des prix a été tirée par la nouvelle accélération des prix de l’énergie (+33,1% sur un an après +27,8% en mai) et de l’alimentation (+5,8% après +4,3%). Les prix des services restent stables et ceux des produits manufacturés ralentissent.

Cette hausse entraîne une augmentation du salaire minimum de 2% au 1er août 2022. C’est la troisième fois que le Smic est revu à la hausse cette année.


Dans la zone euro, l’inflation pulvérise un nouveau record en juin, à 8,6% contre 8,1% le mois précédent. Pour mémoire, elle était de 2% un an auparavant.

Aux Etats-Unis, l’inflation est également en forte hausse allant même jusqu’à battre un nouveau record en 40 ans, avec un taux de 9,1% (supérieur aux prévisions de 8,8%) sur un an au mois de juin, contre 8,6% le mois d’avant.



Confiance des ménages


Aux Etats-Unis, après une première remontée de ses taux d’intérêt de 0,25% en mars, la FED a procédé à un tour de vis historique sur la suite du 1er semestre 2022. En effet, s’en est suivi une seconde hausse des taux de 0,50% en mai, puis une troisième cette fois-ci de 0,75% supplémentaire pour porter le taux directeur à 1,75%. Le dernier resserrement de la politique monétaire américaine de cette ampleur remontait à 1994. La priorité absolue est d'enrayer la hausse des prix, qui continue de battre des records.


En Europe, la BCE, qui prévoyait une première hausse des taux au début de l’année 2022, avait retardé sa décision à plusieurs reprises en raison du conflit Russo-Ukrainien. Malgré la persistance de ce dernier, la BCE a annoncé le première hausse de taux de 0,25% pour le mois de juillet.



Cours EUR/USD


Bien que les politiques de resserrement politique des banques centrales aient un impact négatif sur les marchés financiers, elles permettent de renforcer la solidité de leur monnaie.

Ainsi, la FED ayant pris plusieurs tours d’avances quant à la remontée des taux sur la BCE, le Dollar s’en trouve renforcé face à l’Euro, qui est également plus fortement impacté par le conflit en Ukraine.

La devise EUR/USD connaît alors une baisse de plus de 10% depuis le 1er janvier, frôlant même la parité ce 12 juillet avec un creux à 1.0001. Ce niveau n’avait pas été atteint depuis 2002, date depuis laquelle la monnaie commune européenne restée au-dessus du dollar.

Les effets de cette baisse de l’Euro pour les ménages et sur l’économie mondiale :

Cette baisse de l’Euro est une mauvaise nouvelle pour le pouvoir d’achat des ménages européens. En effet, le prix des importations en Dollar est directement répercuté sur le prix final des produits. En revanche, les entreprises exportatrices devraient en bénéficier et notamment le secteur de l’aéronautique, du luxe et du vin qui sont les secteurs qui exportent le plus en France ainsi que le tourisme qui devrait bénéficier de l’afflux massif des touristes américains.



Perspectives second semestre


Perspectives macroéconomiques :


En venant s'ajouter aux dégâts causés par la pandémie de COVID-19, l'invasion russe de l'Ukraine a accentué le ralentissement de l'économie mondiale, qui entre dans ce qui pourrait devenir une période prolongée de croissance faible et d'inflation élevée, selon les dernières perspectives économiques publiées par la Banque mondiale. Il en résulte un risque grandissant de stagflation, ce qui entraînerait des conséquences néfastes tant pour les pays à faible revenu que pour ceux à revenu intermédiaire.

Ainsi, la croissance mondiale de 5,7% en 2021, devrait chuter à 2,9% en 2022, soit nettement moins que les 4,1% prévus initialement en janvier dernier.

D’après la banque mondiale, ce rythme de croissance devrait perdurer jusqu’en 2023-2024, dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine, qui perturbe fortement l'activité, l'investissement et le commerce à court terme, par le tassement des effets de rattrapage de la demande et par la levée progressive des mesures de soutien budgétaire et d'accompagnement monétaire.


Perspectives sur les marchés financiers :


Comme après chaque fin de trimestre, la saison des résultats d’entreprises va débuter. Particulièrement suivie en juillet car représentative des performances à mi-année, la publication des résultats pourrait exercer son influence sur le comportement des marchés financiers pour les semaines à venir.

En Europe, les bénéfices du premier trimestre ont été supérieurs aux moyennes historiques. Environ 10% des entreprises ont réservé des surprises positives.

Aux Etats-Unis, 80% des entreprises qui ont réservé des surprises positives lors de la publication des résultats du premier trimestre.

À l’issue de ce premier trimestre, les variations de cours ont été relativement faibles. En effet, les entreprises dont les chiffres ont été inférieurs aux prévisions ont été sanctionnées, alors que celles ayant annoncé des données supérieures aux anticipations n’ont guère été récompensées.

Dans cette période de stagflation et de tendance baissière des marchés, ce scénario pourrait se reproduire à nouveau.

En effet, la persistance de l’inflation ainsi que les perspectives de croissance faible nuisent à la santé financière des entreprises.

De plus, les hausses de taux successives menées par la FED et la BCE ne sont pas bénéfiques aux marchés financiers car elles poussent les investisseurs à délaisser les actifs à risque comme les actions pour se diriger vers des actifs moins risqués mais désormais plus rémunérateur grâce aux taux directeurs plus élevés.


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Compte-tenu des différents risques omniprésents à court terme, il semblerait que l’heure de s’exposer à nouveau au risque n’est pas encore arrivée.

En effet, l’inflation élevée, le durcissement des politiques monétaires, la perte de confiance des ménages et des entreprises ainsi que les confinements successifs en Chine rendent peu probable un renversement de tendance à court terme.

Cependant, il apparait également que les marchés conscients de l’environnement macroéconomique ont anticipé ces perspectives dans leurs cours.

Il reste à attendre un changement de prisme en Ukraine ou la perception des premiers effets des politiques monétaires permettant une désinflation pour envisager une reprise des marchés.

Pour autant, à la veille de la période estivale, nos préconisations restent à la patience.



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